Quand les femmes peintres s'emparent du tennis (1880-1930)
À une époque où les femmes peintres avaient peu de visibilité, certaines ont trouvé leur style en sachant capturer toute la modernité du tennis.
Les représentations du tennis réalisées par des femmes peintres entre 1880 et 1930 sont moins nombreuses que celles de leurs homologues masculins (ou moins faciles à trouver) ce qui les rend d'autant plus intéressantes à (re)découvrir !
1880 – Mary Hayllar, La Partie de tennis

Artiste britannique issue d’une famille qui ne comptait pas moins de cinq peintres talentueux, (Alexandra) Mary Hayllar, devenue plus tard Mary Watkins Wells (1862–1950) reçoit, avec ses autres sœurs, une formation qui lui a permis d’exposer à la Royal Academy. Dans son tableau “La Partie de tennis”, on pourrait dire que tout n’est que luxe, calme et raffinement ! Robes longues, raquettes et ambiance estivale : le tennis est encore un divertissement bourgeois et familial. La porte fenêtre est ouverte vers un jardin où se déroule la partie. Au premier plan, une magnifique table couverte d’argenterie et d’assiette de fruits qui n’attend plus que les convives…
1927 – Aleksandra Beļcova, La Joueuse de tennis

Selon le Musée national d’art de Lettonie, le modèle qui a servi pour le tableau d’Aleksandra Beļcova, pourrait être la légendaire joueuse de tennis française Suzanne Lenglen (1899-1938), première star féminine de ce sport et première athlète féminine de niveau international. Autre possibilité : l’amie de l’artiste, Biruta Ozoliņa (1905-1982). Aleksandra Beļcova apporte, ici, dans ce portrait de joueuse aux formes élégantes, une touche moderniste épurée et poétique témoignant de l’internationalisation du tennis et de la présence croissante des femmes dans l’art moderne.
1929 – Lotte Laserstein, Die Tennisspielerin

Lotte Laserstein signe ici l’un des plus beaux portraits du tennis féminin. Son modèle, Gertrud « Traute » Rose, apparaît forte, concentrée, presque androgyne dans sa tenue sportive. Le regard direct, l’attitude assurée malgré sa position assise, le corps sculpté par l’effort : Laserstein capture avec une précision clinique et une grande émotion la « Nouvelle Femme » des années 1920. C’est un tableau puissant, moderne et très actuel.
1930 – Marguerite Mary Darbour, Le Jeu de Paume

Ambiance estivale et colorée d’un magnifique jardin dans ce tableau qui évoque le film « le Jardin des Finzi-Contini « de Vittorio de Sica. Chaise longue, parasol, famille et élégants profitent du jardin et du court de tennis. Marguerite Mary Darbour peignait des figures, portraits, nus et des paysages. Artiste-peintre française, née à Florence, elle expose au Salon des indépendants de Paris et devient membre permanent en 1903. A partir de 1920, elle expose au salon des Tuileries et au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts dont elle devint membre en 1922.
Alix,
L’Art en Voyage
Sources et inspirations :
“Les reproductions des œuvres sont utilisées à des fins éducatives et culturelles”.
Mary Hayllar, Wikimedia Commons
Aleksandra Beļcova, Musée national d’art de Lettonie
Lotte Laserstein, Musée Städel
Marguerite Mary Darbour, Chairish
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